Portrait de deux héros

Publié le par Ali

Crépuscule


M. Peter Galbraith  (de la famille de l’économiste ?) était  numéro deux de la représentation de l’ONU en Afganistan. Il ne l’est plus, il a été débarqué parce qu’il a osé dire tout haut que les élections qui ont porté Karzaï à la présidence de ce malheureux pays étaient truquées.  C’est une info qui devait demeurer secrète, réservée à un cénacle de gens « qui savent » ; eh bien non ! Galbaith n’est pas de cette trempe et il met le doigt là où cela fait mal.
 »Pas moins de 30% des voix attribuées à Karzaï étaient frauduleuses »  proteste-t-il. Et il continue : « La fraude offre aux Talibans leur plus grande victoire stratégique  en huit ans de combats contre les Etats-Unis et leurs partenaires afghans ».
Ce Galbraith et son franc-parler me plaisent. Il avait déjà démissionné du service diplomatique américain en 2003 pour pouvoir critiquer la politique de Bush en Irak.

Dommage qu’il ne soit pas européen…

Et puis il y a ce Monsieur Marek Edelman qui est mort. Le dernier survivant du ghetto de Varsovie, ce glorieux nid de résistance. Edelman qui était communiste est resté en Pologne après la guerre, puis, dégoûté du stalinisme et des péripéties douteuses de l’Union Soviétique, il a rallié Solidarnosc. C’était aussi un juif lucide et juste. Il n’appréciait guère les dérives sionistes et l’apartheid de facto qui s’en suivirent. « Vous viviez au milieu des Arabes, pourquoi ne vous mélangez-vous pas ? » avait –il coutume de dire.
Il ne fut pas écouté. Cela vous étonne ?

M. Edelman sauve l’honneur des juifs. Il n’est pas le seul, Dieu merci !

Je suis de ceux qui croient que résister est une caractéristique de l’homme. Résister cela veut dire, tenir tête, ne pas succomber ni courber l’échine, être fidèle à ce qui fait que l’on est ce que l’on est. C’est  la marque des héros.
Et s’ils résistent, ces héros, c’est parce qu’ils sont habités par l’espoir,
  celui de jours meilleurs et d’un honneur à sauver coûte que coûte.

Et quand on est un héros, on ne transige pas avec l’honneur, on ne se compromet pas. On va jusqu’au bout, fut-ce la mort.

Mais où sont-ils passés nos héros ?  Et comment voulez-vous que l’on suscite encore des sentiments héroïques dans une société où consommer (en gros, boire, bouffer, frimer et copuler) est la règle ?
Une société qui traite de haut, quand elle ne les emprisonne pas, ceux qui dénoncent cette voie.

Vous savez, ce n’est pas parce que l’on mange à sa faim, s’habille griffé et roule carosse que le destin ne vient pas quand l’heure a sonné.

Ils banquetaient, tous ces dieux, quand le crépuscule est arrivé… 
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