De l'Elysée, Sarkozy contemple les flammes du Fouqet's

Publié le par Ali



L'interview donnée par le chef de l'Etat au Figaro est arrivée trop tard : après les députés UMP, c'est au tour du maire de Neuilly, des agriculteurs et des électeurs de droite d'exprimer leur mécontentement.
 
http://www.marianne2.fr/De-l-Elysee,-Sarkozy-contemple-les-flammes-du-Fouquet-s_a182464.html

out au bout de l'embouteillage provoqué par les tracteurs et les banderoles tirées sur les Champs Elysée par les agriculteurs en colère, des piles de palettes et de pneus enflammés toussent une fumée noire devant le Fouquet's. Au matin de la sortie de l'interview présidentielle dans Le Figaro, le syndicat des Jeunes agriculteurs et son grand frère, la FNSEA, tous deux traditionnels soutiens de la majorité, ont appelé à manifester dans tout la France, visant directement le symbole de l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy : le restaurant où il a partagé la France entre ses amis patrons. A peine publié, la tentative d'apaisement est un échec et une seule citation s'avère juste dans la langue de bois élyséenne : « ce n'est pas mon fils qui est visé, c'est moi. »

RETOUR DE FLAMME DE L'OMNIPRÉSIDENCE
Au fil des deux pages d'entretien, le Président avait pourtant glissé un mot sur la crise du monde agricole, des producteurs de porcs aux laitiers, qu'avait éclipsé les polémiques autour de ses ministres et de son fils. Rien de suffisant pour calmer Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA : « on n'attend plus des paroles, on attend du concret : un plan d'urgence dans les semaines qui viennentexigeait-il vendredi 16 au matin sur RTLEt puis surtout, la politique européenne et internationale, elle est du ressort du chef de l'Etat ! » A force de se dire omnipotent, Sarkozy s'est exposé à un risque : qu'on lui demande de changer vraiment les choses.

Dans Le Parisien du jour, un sondage relève la confusion dans laquelle se trouvent les électeurs de droite. Majoritairement défavorables à la taxe carbone (51%), à la cagnotte anti absentéisme dans les lycées (69%), ils le sont aussi à la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad (51%). A cela s'ajoutent des questions sur l'affaire Mitterrand, la jungle de Calais, l'extension du RSA aux jeunes... Comment ne pas être déboussolés dans ce flux continue de polémiques et de mesures ?


Les grilles de lectures se brouillent dans la tentation monarchique du président de la République, donnant lieu à des retournements de situation absurdes : Jean-Christophe Fromentin, maire de Neuilly élu grâce au soutien du fils du chef de l'Etat, se retourne ainsi contre son bienfaiteur 
jugeant sur son blog que les conséquences de la nomination de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad ont été sous estimée et qu'elles pourraient être « désastreuses » pour l'image du centre d'affaire de La Défense.

Et de l'interroger dans une tribune publiée 
dans Le Monde daté de vendredi : « Sur quelles différences compétitives allez-vous travailler ? Comment voyez-vous la Défense s'articuler dans le Grand Paris ? Quelle sera votre stratégie pour convaincre les investisseurs ? Quelles sont ces qualités qui font dire à vos amis que vous êtes le meilleur pour ce poste ? » Jean voulait être jugé sur ses compétences, qu'il réponde!

« La majorité doit faire preuve de sang froid »rappelait Xavier Bertrand sur Europe 1 mercredi 15 octobre. Mais c'est le parti présidentiel qui doit s'éponger le front : critiqué pour l'ouverture  et la suppression de la taxe professionnelle par ses propres troupes, il pourrait, selon certains députés de la majorité même, payer les polémiques et les incompréhensions aux prochaines régionales, scrutin intermédiaire crucial pour l'image du Président. Ou, plus près encore, à l'occasion de la législative partielle dans les Yvelines où se présente David Douillet. Pendant ce temps, des pneus brûlent devant le Fouquet's où débuta l'Etat de grâce de Sarkozy il y a deux ans de cela. Et où il se termine aujourd'hui.

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