Faut-il encore lutter ?

Publié le par Ali





Faut-il encore lutter ? Ne vaut-il pas mieux se résigner une fois pour toute, déposer les armes et rentrer dans le système ? Après tout, ce dernier vous fiche la paix du moment que vous lui rendez la pareille. Ainsi, il vous sera loisible d’essayer de faire du fric, de supporter (avec une violence raisonnable et sobre de préférence) les équipes de foot, de regarder un « bon porno » à la télévision ou d’organiser une « bonne partouze » chez vous, entre adultes (plutôt) consentants. Ou tout simplement de mener une vie calme, auprès de madame, des gosses et des petits-enfants, en attendant la grande faucheuse pour les frais de laquelle vous êtes dûment assurés.

Pourquoi pas ?

Le problème, c’est que mener une vie « calme et paisible », devient de plus en plus difficile. Votre emploi est toujours plus ou moins menacé et, s’il ne l’est pas c’est votre salaire qui s’en ressent. Les tentations sont illimitées, mais les satisfaire, ne fut-ce qu’un peu, de plus en plus onéreux. Bref, même avec une « vie tranquille », vous ressentez comme un manque, la sensation d’être mené par le bout du nez, de devoir dire merci à l’un ou à l’autre, de vous défier du lendemain et de n’être intéressant aux yeux des élites qu’une fois tous les cinq ans.

Et tout cela est anxyogène et, avouez-le ! ne rend pas heureux.
Alors, y-a-t-il moyen de changer le système, de le rendre meilleur et comment ?

Faisons un constat, voulez-vous ?

La société dans laquelle nous vivons a encore quelques points positifs. La liberté d’expression, d’association, de pensée, la liberté syndicale sont garanties par la Constitution. C’est toujours ça. Il reste une sécurité sociale. La justice est toujours indépendante du pouvoir exécutif et législatif. C’est inscrit dans la Consitution. Il y a un Parlement, ne pas l’oublier !

Alors, la première chose à faire est de résister au « détricotage » de ces avancées. Dénoncer les atteintes portées aux acquis sociaux, aux libertés fondamentales garanties, militer pour une justice vraiment indépendante, exiger de son député qu’il agisse en représentant de la nation et non pas en représentant de son parti.

Il y a les syndicats. Trop de travailleurs en France ne sont pas syndiqués et c’est tout profit pour le patronnat qui l’est, lui. Les partis politique, me direz-vous, se ressemblent tous, c’est la même chanson sur des rythmes différents. Eh bien, infiltrez-les ! Devenez membre de l’un ou de l’autre et faites entendre votre différence. Prenez une carte à droite ou à gauche, eu importe et, dans ce cadre bien précis, défendez, illustrez vos positions. Ne jouez pas au militant figurant comme il y a des députés godillots.

Lisez, renseignez-vous, ne prenez pas toutes les infos pour de l’argent comptant, ayez l’esprit critique et pratiquez le devoir d’impertinence. Vous étonnerez les « veaux » qui vous entourent, peut-être même que vous en réveillerez l’un ou l’autre. C’en fera un de plus tiré de sa torpeur.

Exprimez-vous, sur l’internet, sur une gazette syndicale, sur n’importe quel média.
Internet, c’est le grain de sable qui grippe parfois la machine à propager ce « qu’ils » veulent que nous entendions, lisions et ingurgitions. Grippez le système et regrippez-le sans cesse !
Vous me dites que vous ne savez pas rédiger ? Eh bien, relayez des articles, des vidéos, des caricatures… Provoquez, provoquez sans cesse !

C’est pas grand-chose me rétorquerez-vous. Attendez… vous ne voulez tout de même pas que je vous conseille d’apprendre l’utilisation d’une Kalachnikov ? Ou de poser des bombes ?
Tout ça c’est du nihilisme, c’est marquer contre son propre camp. Oubliez !

Mais il faut pas grand chose pour paralyser un secteur d’activité. Quelques grèvistes inattendus par ci, par là… et les transports publics, par exemple, morflent. La télé, la radio, le téléphone peuvent être perturbés par une douzaine de types bien décidés. Des journalistes courageux, on en trouve encore, peuvent en profiter pour reprendre ce qui leur reste d’une indépendance aux ailes rognées.

Les patrons voyous qui ferment, délocalisent, déménagenet la nuit les machines… séquestrez-les quelques heures et flanquez-leur une fessée. Cul nu ! Ca sert pas à grand chose, mais ça fait du bien de se défouler  et de rire un bon coup. Et puis on parlera de vous…

Réveillez un peuple n’est pas évident, mais quand il ouvre l’oeil, le processus est lancé et l’arrêter prend du temps et pas mal de sang.

Et puis et surout : ne pas la fermer. L’ouvrir bien grande et gueuler son indignation, sa colère. Taper du poing sur la table, asséner la vérité même au risque de faire mal. De toutes façons la vérité fait toujours mal à celui qui vit dans l’erreur et le mensonge.
Et, pour conclure, ne pas rentrer dans la dialectique de l’autre. « Viens, on va discuter un peu », n’est pas digne d’un révolutionnaire.

Tous ces individus qui se permettent de parler en notre nom et de décréter ce qui est bon ou mauvais, qui disposent de nos vies et de l’avenir de ceux qui nous sont chers, ce sont nos obligés, ils sont à notre service.
Ils l’ont oublié ?
Eh bien, un jour ou l’autre, ils s’en souviendront.
Pendus à un réverbère.
L’insurrection qui vient.

 

 

 

 

 

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