Naissance du XIIem Imâm (s).

Publié le par Ali

 

mahdi

 

 

 

« S'il ne restait à ce monde qu'un seul jour de durée, Dieu allongerait ce jour pour y susciter un homme de ma descendance dont le nom (Mohammad) sera mon nom et dont le surnom mon surnom ; il remplira la Terre de paix et de justice, comme elle est aujourd'hui remplie de violence et de tyrannie. »
( Hadith in Montakhab al-athar fi'l Imâm al-thânî)

« Il combattra pour reconduire au sens spirituel (ta'wil) comme j'ai moi-même combattu pour la révélation au sens littéral. » 
(Hadith in Safînat Bihâr al-Anwâr).

Henry Corbin, dans le tome IV de son remarquable « En Islam iranien »  (Gallimard, p. 316 et suivantes) nous relate le récit du mariage de la mère du XIIem Imâm et la naissance merveilleuse de ce dernier.

Pour nous, shî'tes, l'Imâm est, non pas mort, mais occulté. Il y va d'un « pas encore » dont le dénouement reste toujours imminent.

« Que Dieu en hâte pour nous la Joie »

 

« Je suis la fille du fils de l'Empereur de Byzance, ma mère est une descendante des apôtres du Christ, sa lignée remonte à Sham'ûn (Simon-Pierre), l'héritier spirituel du seigneur Christ. J'avais treize ans et mon grand-père voulait me faire épouser son neveu.
Il convoqua cinq mille dignitaires de l'Empire et fit ériger dans l'enceinte du palais, au sommet de quarante degrés un trône incrusté de joyaux. Il fit asseoir son neveu sur ce trône et tout autour on disposa un rassembelemnt d'icônes. Mais soudain les icônes s'effondrèrent et les colonnes du trône volèrent en éclats. Mon cousin fut précipité par terre. Tout le monde fut saisi de fayeur, mon grand-père, n'écoutant pas les conseils des notables exigeat que l'on remette les colonnes et les icônes en état afin que le mariage soit célébré. Mais une deuxième fois, la même catastrophe se produisit et les gens épouvantés se dispersèrent de partout. Mon grand-père soucieux et triste se retira dans ses appartements. »

La jeune-fille eut alors une suite de songes visionnaires qui constituent le passage du plerôme des Douze de la période chrétienne au plérôme des Douze de la période mohammadienne.

« La nuit qui suivit ces évènements, voici que dans le monde des visions je vis le seigneur Christ avec le groupe de ses apôtres, à l'intérieur du palais, à la place où avait été érigé le trône. A ce moment-là, voici que Mohammad, son wâsi et le groupe de ses enfants glorieux (les saints Imâms), firent leur entrée. Alors Christ s'étant avancé à sa rencontre, embrassa le Prophète Mohammad. Celui-ci de dire : O Esprit de Dieu (Ruh Allah) ! je suis venu pour te demander la princesse, fille de ton wâsi Sham'ûn, pour mon propre fils. Et du geste il montra l'Imâm Hasan ‘Askarî. Christ ayant regardé Sham'ûn lui dit : Honneur insigne et noblesse sont venus à toi. Noue donc ce lien entre ta propre famille et la famille de Mohammad. Et Sham'ûn de dire : C'est chose faite. Alors voici que tous ensemble (Mohammad et ses Imâms, Christ et ses apôtres) gravirent jusqu'au sommet les degrés de la chaire de lumière ; et là, Mohammad prononça un prône magnifique pour célébrer l'union nuptiale de son fils et de moi-même, notre union dont Mohammad et ses enfants (les saints Imâms) et les apôtres de Christ furent tous ensemble les témoins. »

« Quatorze nuits plus tard, j'eus un autre songe. Voici que la souveraine de l'humanité, Fâtima l'Eclatante, me rendit visite. Maryam( la mère de Christ) , avec mille jeunes filles d'entre les houris du Paradis, l'accompagnait. Alors Maryam me dit : « Voici celle qui est la reine des femmes et la mère de ton époux, l'Imâm Hasan ‘Askarî. Je me mis à sangloter et me plaignai que l'Imâm me refusât sa vue. Mais Sa Seigneurie Fâtima me dit : Comment pourrait-il te voir, tant que tu fais de Dieu plusieurs dieux, en persistant dans la religion chrétienne ? Voici ma sœur Maryam. Elle s'est rendue libre pour Dieu, en s'affranchissant de la religion que tu professes encore. Si tu désires être un objet de complaisance à l'égard de Dieu, de Maryam et de Christ, et si tu désires voir l'Imâm Hasan ‘Askarî, alors prononce :

J'atteste qu'il n'y a point de Dieu, hormis Dieu et que Mohammad est l'Envoyé de Dieu.

Quand j'eus prononcé ces deux paroles excellentes, voci que Fâtima la reine des Femmes, m'attira contre elle et m'embrassa. Elle me dit : Maintenant attend la visite de mon enfant, je vais l'envoyer près de toi."


Après bien des péripéties, la jeune princesse rencontra à Samarra le fils de l'Imâm Alî Naqî, Hasan ‘Askarî et l'épousa. C'est dans cette ville que naquit le 15 du mois de  Sha'bân de l'an 255 (3 août 868) son fils, le douzième et dernier Imâm.

La naissance du XIIem Imâm fut merveilleuse. Il naquit depuis le fémur de sa mère, parce que les héritiers de l'Envoyé de Dieu sont les Lumières du Dieu Très-Haut et qu'Il a écarté d'eux toute souillure et toute impureté.


« Que Dieu en hâte pour nous la joie"

 

Mahdi_Imam

 

 

"De même que la prophétie législatrice a eu son lever avec  Adam, son plein midi avec Mohammad après lequel, désormais close, elle s'est occultée comme le soleil après son coucher, de même la walâyat, la « prophétie ésotérique » levée au début de cette nuit a commencé avec ‘Ali, le premier Imâm ; elle a progressé d'Imâm en Imâm, comme la lune dans le ténèbres de la nuit jusqu'à ce que l'aurore, se tenant avec le douzième Imâm, dissipe les ténèbres de cette nuit. C'est donc cette nuit qui est existentiellement « notre temps », le temps « entre les nuages », comme temps de l'ésotérisme nécessaire."

(Henri Corbin, op.cité p.327)

   
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