Evangéliques: Obama et McCain à confesse.

Publié le par Ali

Imaginez qu'en France, les candidats à l'élection présidentielle soient reçus en cathédrale de Paris par Mgr Vingt-Trois et soumis à un feu roulant de questions devant une assitance comble.
Impossible me rétorquerez-vous, et avec raison.
Aux Etats-Unis, pays où est inscrite dans la Constitution la séparation des Eglises et de l'Etat, la chose va de soi. Dans une « megachurch » de Californie, le Rev. Rick Warren, un pasteur de la mouvance évangélique (un modéré, nous dit-on) recevait Messieurs McCain et Obama. L'un à sa gauche, l'autre à sa droite, ou l'inverse, peu importe !
Un électeur américain sur quatre se reconnaît « évangélique ». Enorme !
Seuls 24% d'entre eux supportent Obama, 12% resteraient indécis.
Première chose : chacun des candidats de proclamer sa foi chrétienne : « Je crois que Jésus est mort pour mes péchés et que je connais la Rédemption à travers lui », confesse Obama qui doit se défendre d'être un musulman « caché », ce que s'imagine douze pour cent des Américains !
McCain, lui est fort confiant : « (être chrétien) cela veut dire que je suis sauvé et pardonné ! » Fichtre ! Moi je me méfierai d'une telle absolution anticipée...
Après ces professions de foi on passe aux choses « sérieuses », si j'ose dire : le mariage homosexuel et l'avortement.
L'Irak, l'Iran, le prix du pétrole, la pauvreté, la couverture médicale universelle, la crise des « subprimes » et ses victimes que l'on fiche à la rue... des broutilles pour notre Révérend !
Obama n'est pas vraiment pour le mariage gay, mais il ne compte pas l'interdire dans la Constitution, McCain qui est un militaire, donc un homme ( !) l'explose d'un jet de roquette. Feu !
Obama soutient l'avortement, ce qui est pour le moins courageux dans ce genre de temple du néo-conservatisme, mais le déplore ; McCain, lui, enfonce le clou. 1-0 !
Ce n'est pas par pur masochisme que nos candidats se sont prêtés à cette confrontation.
McCain avait qualifié le pasteur Pat Roberton d'"agent de l'intolérance" ; c'est ce pasteur pour qui Muhammad n'est qu'un « brigand de grand chemin » ! Je vous passe les autres épithètes qu'il réserve à l'islam.
Obama, lui, s'était gaussé des évangéliques et de leur obsession à trouver dans la Bible toutes les réponses du monde : « Quel passage voulez-vous qu'on adopte ? Celui où l'esclavage est toléré, celui qui conseille de lapider votre fils s'il s'écarte de la foi ? »
Il y avait donc des paroles à se faire pardonner...
Ce genre de « show » du dimanche ne prouve qu'une chose : le poids énorme des évangéliques dans la politique américaine.
Ces derniers, dans leur immense majorité, constituent la frange la plus conservatrice de l'électorat (américain) et aussi celle qui s'implique le plus, fut-ce par la violence, dans le débat politique.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que tel est leur droit !
S'ils sont déçus par l'administration Bush (pour ne pas avoir atomisé l'Irak et l'Iran ?), ils n'en sont pas moins déterminés à exercer leurs pressions sur la prochaine équipe pour que leurs convictions soient prises en compte dans les décisions qui dicteront la future politique de leur pays.
A nous, Français et Européens de réagir, me répondrez-vous. Mais comment ? L'influence politique de l'Europe est insignifiante et n'est prise en compte que si elle conforte celle des Etats-Unis.
Et ce ne sont pas les rodomontades de notre Président et les couacs de l'initiative européenne en Géorgie, qui vont nous rassurer.
Mais, Dieu soit loué, McCain et Obama sont croyants !L

rick.warren Le Rev. Rick Warren.

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