Big sister, "Edvige".
Mes amis, nos libertés sont en danger. C’est véritablement scandaleux ce que le gouvernement nous prépare. Comment encore oser parler de liberté et de démocratie après ça ?
Créé par décret paru au JO le 1er juillet 2008, le fichier Edvige (exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) nous pend au nez. Ce fichier est destiné à recenser des « individus, groupes, organisations et personnes morales qui, en raison de leur activité individuelle ou collective, sont susceptibles de porter atteinte à l'ordre public ».
En clair cela signifie que n’importe qui - à commencer par vous, chers blogeurs - à propos de n’importe quoi va se retrouver, peut se retrouver, se retrouvera sur une « fiche » compulsée par un ou plusieurs fonctionnaires, plus ou moins zélés, plus ou moins suspicieux…
Sont également concernées, les personnes « ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif ». Dans ce cadre, des informations telles que l'adresse, l'email, les numéros de téléphone, l'apparence physique, le comportement, l'orientation sexuelle et l'environnement économique et social de l'individu concerné, dès 13 ans, pourront être recensées.
Apparence physique, orientation sexuelle… dès 13 ans, vous avez bien lu… 13 ans !
Promu par le ministère de l'intérieur et le gouvernement Fillon, le fichier est vivement critiqué par l'opposition, de la gauche au centre. François Bayrou du Modem parle « d'outrage » et de « dérive », Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, l'accuse « d'aligner les contrevérités ». Dans ce climat tendu, 13 recours ont été déposés par des associations et organisations syndicales, dont la CFDT, la Ligue des Droits de l'Homme et le Syndicat de la Magistrature, devant le Conseil d'Etat qui devrait rendre sa décision en décembre prochain.
De son côté, la Commission nationale informatique et libertés a émis des réserves sur Edvige. La CNIL regrette que la collecte d'informations relatives aux origines ethniques, à la santé et à la vie sexuelle des personnes « ne soit pas assortie de garanties suffisantes ». Elle souhaite par ailleurs que l'âge minimum lié à la collecte de données sur Edvige soit de 16 ans. Enfin, une pétition en ligne contre le fichier (nonaedvige.ras.eu.org) aurait reçu plus 103.700 signatures depuis mi-juillet.
Voilà où nous conduit une dérive sécuritaire fabriquée de toutes pièces, mes amis. On vous sert du « terroriste » ad nauseam pour mieux vous conditionner à accepter l’innaceptable, le viol de votre vie privée, de vos opinions, de vos colères, de vos coups de gueule.
Fascisme !
Signez la pétition !