Tolérance en islam.
Rien n’est parfait en ce bas monde. Et c’est normal ; l’homme n’est pas ce qu’il devrait être et il ne le sera jamais.
Cela étant posé, examinons le principe de tolérance religieuse appliqué en terre d’Islam et comparons-le, brièvement, à l’application chrétienne.
En Islam il y a eu, et dès le départ, l’opposition entre séculier et religieux. Comme en chrétienneté, c’est le séculier qui l’a emporté.
Si ce n’avait été le cas, jamais les musulmans, quelques tribus d’Arabie, n’auraient pu conquérir en deux siècles autant de territoires, jusqu’à menacer le cœur même du monde chrétien.
En quatorze siècles d’existence de l’Islam, douze siècles ont été des siècles de paix.
Qui dit mieux ?
Outre le fait que le principe « pas de contrainte en matière religieuse » est inscrit dans le Coran, le pragmatisme des conquérants musulmans leur a commandé de laisser les populations conquises pratiquer leur foi et leurs coutumes.
Ces dernières, je pense surtout aux populations chrétiennes hétérodoxes de l’Empire byzantin, persécutées par le Patriarche de Constantinople, se sont laissées séduire par la nouvelle religion et, petit à petit, l’ont adoptée.
C’est le cas des Arianistes, des hérétiques chrétiens, et, mon opinion valant ce qu’elle vaut, est que l’Islam de facto est le triomphe de l’arianisme sur l’orthodoxie chrétienne.
Les autres, les « dhimmis », juifs et chrétiens, ont pu pratiquer leur religion sans trop de problèmes en payant une taxe ad hoc. Citoyens de seconde zone, certes, mais libres de pratiquer.
Les Grecs sont restés chrétiens, même après quatre siècles de domination ottomane. Les Serbes de même. Les Albanais se sont convertis. Pourquoi ?
Prenons l’Indonésie, le plus peuplé des pays musulmans. Ces habitants se sont convertis à l’Islam à la suite de contacts répétés avec des commerçants arabes.
Avez-vous connaissance d’une guerre de conquête et de conversion forcée des Indonésiens par les Arabes ?
De même en Afrique Occidentale. Jamais cette région, musulmane à 80%, ne fut colonisée par les Arabes. Par les Français, oui !
Comparons cette islamisation avec la christianisation de l’Amérique. Faut-il évoquer les massacres, les conversions forcées, le génocide des Indiens ?
Où se trouvent les vestiges de la religion des Amérindiens ? Où en est l’animisme en Afrique ?
Faut-il mentionner les massacres des Croisés au Moyen-Orient ? Massacres qui n’épargnèrent pas les chrétiens orthodoxes. Le sac de Constantinople ?
Les persécutions des protestants par les catholiques ?
Les Juifs, par exemple : leur sort en terre d’Islam n’a rien de comparable avec celui qui leur était réservé chez les Chrétiens. Il y a eu des pogroms en Russie, en Pologne… pas au Maroc, pas au Yemen.
Les nazis n’étaient pas des Musulmans…
Tout ne fut pas rose et il y eut des exceptions malheureuses.
Le massacre des Arméniens par l’Empire Ottoman moribond est un massacre ethnique, pas religieux. Ce distinguo n’excuse rien, bien entendu !
Le colonialisme des Occidentaux, en ravivant la fibre nationaliste, n’a rien arrangé. La création de l’état sioniste encore moins.
Aujourd’hui, avec les guerres et le sionisme, je crains que ce qui précède ne soit plus d’actualité.
Mais à qui la faute, sinon aux Occidentaux ?
On pourrait discutailler à l’infini. Les faits sont là qui montrent que l’Islam s’est montré nettement plus conciliant envers les minorités religieuse que le christianisme.
Alors, avant de crier : « Islam danger ! Islam danger ! » certains feraient mieux de réfléchir et de témoigner à l’égard de cette droyance la même tolérance que cette dernière fit à l’égard des Chrétiens et des Juifs.
Mais l’islamophobie, nous le savons, n’est que du racisme. Et rien que ça !
Je ne résiste pas au plaisir de vous donner, en prime, quelques exemples de tolérante et pacifique cohabitation inter-religieuse en Islam.
L’Andalousie almohade, par exemple. Elle voit entre 1126 et 1204 éclore deux grands penseurs : Averroès et Maïmonide. L’un est musulman, l’autre juif. Ils sont tout à la fois médecins, juristes, philosophes. Par cette symbiose se produit l’héllénisation de la pensée juive par l’intermédiaire de l’Islam. Et c’est ainsi qu’à travers ces deux penseurs, l’œuvre des philosophes grecs arrive en Occident. Sans eux, Thomas d’Acquin n’aurait pas connu Aristote.
L’Andalousie musulmane fut une de ces brèves périodes de l’histoire des hommes où souffle l’esprit, c’est-à-dire la civilisation.
En 1492, au terme de la « Reconquista », Isabelle la Catholique a chassé les Juifs et les Musulmans d’Espagne. Elle a aussi interdit aux Andalous de manger le couscous. Pour pallier le manque, ces derniers inventèrent la paella…
Les Juifs se réfugièrent au Maroc et en Turquie. Ils y vécurent en paix. Beaucoup s’y trouvent encore. D’autres se réfugièrent en Provence où ils dépendèrent du bon vouloir du Roi de France ou du Pape (dans les terres papales).
En Egypte, en Syrie, en Palestine, en Irak et au Liban, les Juifs, Musulmans et Chrétiens vécurent en paix durant des siècles. Faut-il souligner qu’après les Croisades, Salladin, qui libéra Jérualem, ne s’est pas vengé sur les Chrétiens
(les orthodoxes avaient été autant massacrés par les Croisés que les Musulmans !), et permis la poursuite des pélerinages des Chrétiens d’Occident ?
Les Franciscains, moines catholiques, ont pu rester au Saint Sépulcre, malgré leur collaboration avec les Croisés et leur différend avec les Grecs.
Vous connaissez beaucoup de régimes chrétiens qui auraient fait de même ?
C’est le colonialisme occidental, dois-je le rappeler, et le sionisme qui ont exacerbé le nationalisme arabe et, dans la foulée, l’extrémisme religieux.
Chez ce dernier, le wahabisme de l’Arabie saoudite est le plus rétrograde et, malheureusement le plus riche en moyens de propagande.
C’est curieux que les Américains, si prompts à dénoncer toute forme d’extémisme ne réagissent pas et laisse faire cette secte.
L’Arabie saoudite est riche de pétrole.
Le wahabisme est à l’Islam ce que la chansonnette est à l’art lyrique ! Mais, hélas, ce n’est pas une ritournelle, le wahabisme, mais un système clos, primaire dans sa déclinaison intellectuelle. Rien à voir avec les fabuleuses écoles du Caire, de Bagdad, de Samarcande, avec les soufis et les marabouts africains.
Le wahabisme, je le compare aux pires moments intégristes de l’Eglise catholique.
Ce que les Occidentaux ne comprennent pas, c’est que l’Islam n’est pas monolithique. Il est pluriel. L’Islam d’Ouagadougou est vécu à l’africaine, celui de Djarkara autrement que celui de Rabat ou de Damas et ainsi de suite…
Et c’est précisément parce qu’il est pluriel que l’Islam se doit d’être tolérant ; avec lui-même et avec les autres.
Les choses étant ce qu’elles sont, je crois que la polarisation va s’accentuer. Rien n’est fait pour féconder la paix.
Mais le fait est que l’Islam est la deuxième religion en Europe et qu’elle le restera. Si des Européens s’obstinent à souffler sur le feu, à attiser les braises de la haine, ils en récolteront le prix.
En P.S, un renseignement que j’ai trouvé sur la toile et qui est révélateur.
Une étude récente de l'Université catholique de Louvain (UCL) atteste que plus de la moitié des belges interrogées estiment que le port du voile « va à contre-courant de la société moderne » et près d'une sur quatre ne le tolère même pas sur la voie publique. Le plus intéressant de l'étude est que les chercheurs ont dressé le "profil psychologique type de l'adversaire du voile. Il est plutôt âgé, anticlérical « primaire » ou bien religieux orthodoxe, convaincu de sa supériorité culturelle. Sécuritaire, conformiste, il valorise le pouvoir, la réussite, l'hédonisme. Il est politiquement marqué à droite. A l'inverse, les plus tolérants à l'égard du voile se caractérisent par l'importance qu'ils accordent à l'autonomie de l'individu, par leur sens de la spiritualité, leur caractère universaliste, une personnalité ouverte à l'expérience." Le voile, en tout cas en Europe, serait victime d'un racisme diffus, pas toujours clairement exprimé par ses opposants.