L'Evangile selon Sarah.
Un blague circule sur la Toile : j’en sais plus en politique étrangère que Sarah Palin ! Vraiment ? Sûr ! j’ai même vu une carte-postale de Jérusalem !
Pas de quoi s’esclaffer, cette femme, sans culture aucune, peut devenir Présidente des Etats-Unis, l’âge et le cancer de la peau récurrent de McCain rendent cette hypothèse tout à fait plausible.
Voici donc le curriculum vitae (du moins ce que l’on en sait jusqu’à présent) de cette accorte dame de 44 ans, mariée, 5 (cinq) enfants, chrétienne intégriste qui croit que le monde a été créé en six jours, diplômée d’une obscure école de journalisme qui en fit une commentatrice sportive. Joueuse de basket, son surnom était « Sarah Barracuda ».
Elle devint Miss Wasilia (9000 habitants), et deuxième au concours de Miss Alaska.
Elue au conseil municipal de Wasilia (toujours 9000 habitants), puis maire de la commune et, ensuite, première femme et plus jeune gouverneure de l’Alaska en 2007.
Elle a toujours vécu en Alaska et n’a pas voyagé, sauf deux fois pour visiter des soldats US sur leur base, et puis « back home ».
Aime la chasse et les armes (elle est membre du National Rifle Association, donc opposée à toute limitation du droit d’acheter et de posséder une arme).
Sur le plan des principes, elle est adversaire de l’avortement en toutes circonstances, y compris le viol ou l’inceste, elle ne voit pas la nécessité des cours d’éducation sexuelle à l’école, prône l’abstinence sexuelle avant le mariage (ce qui n’est pas l’avis de sa fille !), elle est favorable à la peine de mort (étonnant, non ?) et, bien sûr, est opposée au mariage homosexuel, lesquels, homosexuels, ne devraient pas jouir des mêmes droits que les hétéros…
Et pour couronner le tout, souhaite qu’à l’école soit enseignée la théorie créationniste (Dieu a créé le monde en six jours…).
Elle estime que l’homme n’est pas responsable du réchauffement climatique ; de toutes façons, Jésus peut revenir dans une demi-heure, alors pourquoi se poser ce genre de question ?
Sur le plan politique, elle a commencé par militer dans un parti prônant l’indépendance de l’Alaska, suivant en cela son mari qui y resta sept ans. Aujourd’hui, elle parle d’erreur. Elle a soutenu la candidature (contre Bush) de Pat Buchanan, le leader de l’Alliance Chrétienne, groupe d’extrême-droite, évangélique ultra-fondamentaliste, un type qui aime tellement les juifs qu’il les veut tous en Israël où ils casseront de l’Arabe avec les armes qu’il leur aura fournis.
Elle fait aujourd’hui l’objet de poursuites judiciaires pour abus de pouvoir ; elle aurait licencié abusivement deux agents de l’administration, dont son ex beau-frère ! A suivre…
Bref, voilà celle que l’on surnomme déjà « Lady Godicha », mais elle n’est pas pas super-potiche, car ce genre de personnage est animé par un entêtement hors du commun qui peut fort bien semer la pagaille.
Alors pourquoi l’avoir chosie ?
Par populisme et rien d’autre ! Une femme du peuple, venue de l’Amérique on ne peut plus profonde, mariée à un brave et fécond salarié, un genre de Madame Sans-Gêne qui, je vous le parie, mettra son grain de sel dans les salons de la capitale.
Voilà ce qui nous attend peut-être à la tête (ou presque) de la plus grande puissance armée du monde. Les décadences ne sont jamais, cher amis, le fait des principes ou du temps, mais bien des hommes…et des femmes.
Je persiste à croire que le seul candidat valable à l’élection de la présidence des Etats-Unis était Madame Clinton.