Nuit de Ramadan...

Non, les nuits de Ramadan ne sont pas toutes folles. Certaines se prêtent à la méditation et à l'instrospection fécondante.
Mes amis, il faut savoir aimer et il faut savoir haïr. Vous ne pouvez connaître l'amour si vous ne connaissez pas la haine. Ce sont les deux faces de la même pièce. Aimer-haïr. Choisir l'amour en rejettant la haine, ce n'est pas aimer, il faut affronter les deux.
J'écris « affronter » car c'est bien d'un face-à-face qu'il s'agit, d'une con-frontation directe et exclusive. L'amour est violent, aussi violent que la haine. Normal, ils sont de la même famille.
Sachez aimer, sachez haïr, mais dominez votre amour et votre haine. Si vous ne le faites pas, ces sentiments vous domineront et feront de vous leur chose. Vous n'êtes pas une chose !
Dominer l'amour et la haine, c'est les connaître, c'est vous connaître, c'est savoir exactement jusqu'où vous pouvez aller, et là où vous ne le pouvez pas.
C'est le sens de ces paroles mystérieuses de Jésus : « Celui qui ne hait pas et son père, et sa mère, et ses frères et ses sœurs...celui-là n'est pas digne d'être mon disciple ». Jésus entend par là qu'il vous faut vous connaître et vous dominer, à travers l'amour et la haine que vous témoignez à vos semblables.
Tout un programme !
Rien à voir avec les sentiments des tièdes, des mesurés, des pusillanimes qui disent qu'ils aiment et ne peuvent haïr. Ceux-là ont peur. Peur d'eux-mêmes et des autres. Ils ne vivent pas, ce sont des « vivants-morts », pour parler comme Lacan.
L'amour est le sentiment le plus puissant qui anime les hommes et les femmes. Quand il est vraiment vécu, la haine n'est pas très loin. Ignorez la haine ! ce n'est que de l'énergie dépensée en vain, votre ennemi n'en est pas digne. C'est le sens de la parole de Jésus : « aimez vos ennemis ». En les aimant, vous les déstabilisez encore plus.
En vous dominant, vous devenez un Maître, un vrai. Vous vivez, alors que tant de ceux qui vous entourent ne sont que les esclaves de leurs peurs, de leurs angoisses et se réfugient dans des tanières artificielles pour mieux s'y croire en sécurité.
Tous nous mourrons un jour. Ce n'est pas grave. C'est la vie. La mort fait partie de la vie, si vous comprenez cela, la mort n'aura pas de prise sur vous, vain sera son aiguillon et vous deviendrez un « mort-vivant », toujours selon Lacan.
Et aux « morts-vivants » l'éternité.
C'est ce que je vous souhaite !
Inch'Allah !
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