Crise financière: qui sont les vrais voleurs ?

Publié le par Ali

Le système capitaliste repose sur la consommation, et pour consommer il faut de l’argent. Comme des tas de braves gens n’ont pas assez d’argent pour consommer ce que le marché leur propose, ils sont incités à s’endetter.

Plus on s’endette, plus on consomme, plus il y a de croissance économique.

Aux Etats-Unis, des courtiers ont imaginé vendre des prêts à des gens qui, de toutes façons, n’auraient jamais les moyens de s’offrir une maison, du moins une maison décente.  Ils ont conçu des montages financiers savants desquels ils se sont bien gardés de révéler les arcanes vicieuses à leurs clients. Les taux variables entre autres.

Ces prêts,  ils les ont  vendus à des banques lesquelles les ont assurés.

Quand les nouveaux propriétaires ont été touché par la hausse des taux, ils n’ont pu honorer leurs remboursements et, très vite, leur bien a été saisi.

Vous connaissez la suite : les banques se sont retrouvées avec des créances pourries et les compagnies d’assurances n’ont pu couvrir les risques.

Et l’on voit le pays qui fait du libéralisme économique son dogme, voler au secours de compagnies privées et les nationaliser afin d’éviter une déblâcle financière.

Le marché se régule tout seul, disent les libéralistes, cette croyance est bien révolue !

Le résultat est là : pour que la bourse ne s’effondre pas, les banques centrales et la Fed infusent des milliards d’euros et de dollars de liquidités, les banques devront dévaluer de leurs comptes tous ces engagements à risque, et cela va grincer dans les bilans futurs.

Ces interventions ne sont pas gratuites, c’est notre argent qui est ainsi infusé pour panser la folie du prêt à tout prix. Et nous le paierons en achetant beaucoup plus cher de rares crédits futurs, en subissant de plein fouet une récession économique déjà bien présente.

Et qui ressentira jusque dans sa chair la perversité de ces erreurs ? les moins riches et, comme d’habitude, les plus pauvres.

Ce qui va se passer dans les mois à venir, c’est, espérons-le, un retour à la logique : c’est-à-dire à un prêteur qui prête à un emprunteur réputé solvable et surtout – révolution outre Atlantique – à l’Etat qui va surveiller d’un peu plus près les procédures financières des banques et assurances.

Aux Etats-Unis, la conséquence de l’intervention de l’Etat c’est l’augmentation de l’endettement et pour tenir la route, les Américains vont émettre des bons du Trésor et solliciter avec insistance leurs « alliés » éuropéens et japonais pour qu’il les achètent.

Moi, qui ne suis pas économiste, je pense, comme ma voisine, qu’il ne faut pas dépenser plus que ce que l’on a, et ne pas s’endetter au-delà d’un certain seuil. Je pense aussi que les banques sont des sociétés un peu à part qui font des affaires avec de l’argent qui ne leur appartient pas, les assurances de même. Je trouve que nationaliser les flux financiers, qui ne sont que la traduction économique de notre richesse, n’a rien de particulièrement révolutionnaire et procède même de la morale élémentaire. Après tout, l’Etat c’est nous, et notre richesse, traduite en vocables financiers, se doit d’être entre nos mains, c’est-à-dire l’Etat.

Mais cette logique bien paysanne est étrangère à ces grands esprits qui jonglent avec l’argent qui n’est pas le leur.

Ce qui est indécent, c’est, qu’une fois de plus, ce sont les obscurs et les sans-grades qui vont trinquer.

De toutes façons, chers lecteurs, ne méprisez pas le reflexe de vos grands-parents qui planquaient leurs économies sous le matelas conjugal. 
Vous me direz qu'ainsi, le magot est à la portée du premier voleur venu. Vous oubliez que les vrais voleurs ne sont pas toujours ceux auxquels on pense ! 

 

 

 

 

 

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
D'après lhistoire des gallo-romains (que je suis en train de lire en ce moment), les habitants avaient coutume d'entassaer les économies et, le plus étonnant, c'est que cela pouvait être fait de petites économies au gros magots.<br /> Comme quoi, l'homme est prévoyant depuis des lustres.<br /> En tous cas, je disais sur un autre blog, qu'un jour, il y aura l'effet boomerang.<br /> Et il ne faut être ni devin ni économiste pour comprendre cela.
Répondre