Comme un air de Guadeloupe

Publié le par Ali




Les Guadeloupéens sont de braves gens qui se contentent de peu. Ils avaient voici quelques années de petites échoppes locales où ils achetaient leur nécessaire, servaient dans les hotels pour touristes et, souvent, partaient en métropole jouer au flic ou au fonctionnaire.

Et puis, les grandes surfaces sont arrivées, les prix ont flambé, les produits locaux ont été remplacés par les importations, les hôtels ont recruté de préférence des métropolitains blancs voire des étrangers.

En Guadeloupe un pour cent (1%) des habitants possède soixante pour cent des richesses de l’île.

Alors ces braves gens se sont révoltés et au bout de cinq semaines ont remporté une première victoire dans la guerre qu’ils mènent contre le néo-colonialisme euro-français.

Cette mobilisation, mes amis, ne prouve qu’une chose : quand le peuple s’unit, quand il est déterminé, qu’il accepte des sacrifices, tout est possible même déplacer des montagnes.

Le peuple, c’est comme ce molosse tout en muscle et crocs qui s’imagine que son maître mord plus fort que lui alors que c’est tout faux.

Si trente pour cent des travailleurs se mettent en grève illimitée, l’Etat vacille, à cinquante il s’écroule. L’Etat c’est un tigre aux pieds d’argile comme disait feu M. Mao Tse Toung.

Ce qui vous tient, mes chers, c’est votre addiction à la consommation et aux crédit qu’il vous faut rembourser ; crédit pour la maison, la voiture, le frigo, l’écran plasma et que sais-je encore ?

Et si vous cessiez de travailler, et si vous cessiez de rembourser ?

Je vous entends d’ici : impossible ! Et vous auriez raison, mais pas tout-à-fait.

Si tout seul vous cessez de travailler et de rembourser vos crédits, cela ne marchera pas, vous vous retrouveriez sur la rue.

Mais si trente pour cent des salariés le font et tiennent bon, s’ils font du tapage, réclament des baisses de taux et des augmentations de salaires, s’ils acceptent durant deux, trois ou six semaines de se serrer (encore) un peu plus la ceinture, ils viendront à bout de l’Etat, ses pompes et ses œuvres. Les Guadeloupéens viennent de nous en faire la magistrale démonstration, merci les amis !

Autre chose : consommez moins. L’Etat vous tient par la consommation, ne tombez plus dans le panneau. Faites la liste de ce dont vous avez vraiment besoin et ne consommez que ce strict nécessaire durant deux, trois ou six semaines et vous verrez les banques vaciller sur leur socle de morgue et d’arrogance.  Une société de consommation sans consommateurs, vous imaginez d’ici le topo jouissif ? C’est ça la Révolution, la vraie.

Une Révolution sans armes, sans violence, sans haine. Comme celle de la Guadeloupe.

Et puis, pratiquez non pas la désobéissance civile (vous pouvez le faire à vos risques et périls et dans des situations bien déterminées) mais la passivité civile. Faites-en le moins possible. Ils veulent que vous viviez à minima, servez-les de même !

Mettez vous en tête que vous avez des crocs et des muscles mais que vous n’êtes pas un molosse que l’on promène en laisse, que vous voulez bien reconnaître une autorité mais pas n’importe laquelle et surout pas celle du fric.

Depuis les Antilles des descendants d’esclaves nous ont donné une leçon de dignité militante  et ils nous tendent la main.

Nous voici, camarades !

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