Polànski ou une si longue partouze

Publié le par Ali




Deux ministres atterrés, un Président « très attentif », une presse choquée, cela fait du beau monde pour Roman Liebling, alias Polànski, mais sera-ce assez pour lui éviter une fin glauque et sans gloire dans une prison californienne ?

Les fais sont têtus et valent plus qu'un Lord Maire dit-on, surtout s'ils ont été perpétrés dans une Amérique à l'âme puritaine et qui n'aime pas les turpitudes au grand jour.

Hollywood, une séance de photo dans la belle villa de Jack Nicholson, une fille jeune, très jeune, que sa maman a chaperonnée jusqu'à la porte d'entrée. Des poses, de l'alcool, autre chose sans doute et puis un coït qui n'en finit pas de faire couler de l'encre.

Dans les mêmes circonstances, ils ont tous la même réponse: je ne savais pas qu'elle était mineure. L'excuse, même éculée, reste bien la seule.
Plus de trente ans après les faits, il est difficile de juger un homme, surtout s'il ne représente plus un danger pour la société. Cet acharnement judiciaire ressemble plus à de la vengeance qu'à de la justice. Je l'ai pensé pour le procès Papon, je le pense pour celui, le deuxième, de Djemandjuk. En droit, vient un moment où il faut que le justicier s'efface sans quoi c'est le vengeur qui survient.

Le scandale dans cette affaire c'est que M. Polànski en 1978 ait pu calmement fuir les Etats-Unis et le procès qui l'attendait pour se réfugier en France où rien ne fut entrepris contre lui.

Les charges étaient pourtant lourdes: viol sur mineure. Ce n''est pas rien, et si M. Polànski n'était resté qu'un obscur M. Liebling, inconnu au bataillon des si selects réalisateurs à la mode, il aurait subi les foudres de la justice française.
Mais Marc Dutroux n'était qu'un adolescent tourmenté dans sa banlieue de Charleroi et les années 70 vivaient une débauche sexuelle que la pilule et l'avortement à la carte ne décourageaient pas. Pas du tout même !

Alors les Français ont fermé les yeux; un grand artiste qui revient dans une odeur de souffre et de scandale, quoi de plus normal chez le réalisateur de « Rosemary's baby » ? Laissons les pruderies

victoriennes aux anglo-saxons, sachons nous montrer large d'esprit ont-ils dû se dire.
Las, il y a des justiciers têtus même dans la banlieue d'Hollywood. Têtus comme des pitt-bulls qui, comme chacun le sait, ne vont pas au cinéma.

Il y aurait une échappatoire à cette histoire; celle qui verrait Polànski accepter d'être jugé et reconnu, éventuellement, coupable. Et puis de s'en aller libre une fois le procès clos.

Mais ce n'est pas prévu dans le droit fédéral et dans le nôtre non plus. Trop grec sans doute...
Les années passent les faits restent.

Shakespeare en aurait fait une tragédie. Mais il est mort !

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