Crise: l'inertie et l'incohérence de l'U.E

Publié le par Le blog des amis d'Ali

 

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Dans une interview accordée à « Médiapart », l'économiste André Orlean pointe l'inertie de l'Europe face à la crise financière

La crise était prévisible, dit-il, mais dans la mesure où l'on ne propose que des plans de rigueur, qui eux-mêmes anticipent sur des croissances faibles, comment rassurer les marchés ? 

Il poursuit en pointant du doigt le manque d'unité de l'Europe, le manque de pouvoir fort; sans leadership, pas de force, sans force l'Europe est la proie de ses prédateurs financiers.

L'état le plus fort, l'Allemagne, se montre incapable de comprendre ses associés dans l'U.E, et que l'Europe forme un tout dans lequel les intérêts des uns et des autres sont imbriqués.

Il y a alors, face aux attaques, des réactions au coup par coup: hier la Grèce, aujourd'hui l'Irlande, demain l'Espagne, le Portugal et ainsi de suite...On ne peut sortir de la spirale de la dette en créant encore plus de dettes, cela semble élémentaire pour un brave citoyen, mais pour le technocrate de Bruxelles c'est, parait-il, la seule solution.

Nous, nous pensons, que la seule manière de positionner l'Europe dans le monde, est d'en finir avec cette construction superficielle qu'est l'Union de vingt-sept pays qui n'ont que peu de choses en commun.

De créer, en ce qui nous concerne, une union européenne qui se ferait sur le modèle du Saint Empire Romain Germanique étendu à la France, l'Espagne et le Portugal. Soit une Europe de tradition catholique. Cette union ne peut se faire qu'en supprimant les états-nations, qui sont, on le voit à l'oeuvre aujourd'hui à Bruxelles, le frein à toute intégration véritable.

A la place des états-nations, conservons cette réalité vivante et fécondante qu'est la région.

Les états sont ce création récente. L'état jacobin français date de la Révolution, les états allemand et italien de la fin du 19em siècle, certains états ne sont pas des nations, certaines nations n'ont pas d'état. Finissons-en avec les états !

Que constatons-nous depuis quelques années ? La résurgence de la notion de région. C'est vrai en Espagne, c'est le cas en Belgique, cela conduisit à la séparation de la Tchécoslovaquie, et ailleurs les tensions sont vives et le démontrent tous les jours davantage.

Les régions sont de toujours, elles sont pour leurs habitants, un ciment unificateur bien plus puissant que l'anonyme état qui dirige de loin ses administrés.

Donnons à ces régions une autonomie très large en matière fiscale, culturelle et sociale. Nous pouvons même envisager des droits qui diffèrent, un peu comme c'est le cas pour les composantes des États-Unis d'Amérique.

En supprimant les états, nous transformons la dette de chaque état en dette européenne, et la monnaie, par conséquent, gérée par l'état fédéral, pourra mieux se positionner sur les marchés.

Les attaques dont l'euro fait l'objet ne sont pas une surprise, les marchés financiers sont d'une logique froide et implacable. Ils savaient, dès le départ, que le panier de l'euro contenait des œufs pourris, par conséquent, ils ont tout fait pour s'en débarrasser. Et, faute d'un pouvoir politique fort et cohérent, ils ont réussi.

Tant que l'Europe des vingt-sept sera ce « machin » niché, place Schumann à Bruxelles, rien ne changera, et ce seront des peuples, les obscurs et les sans-grandes qui trinqueront.

 

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