De Madame Badinter et de ses aliénations...

Publié le par Ali


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Madame Badinter est psychanalyste avant d'être philosophe, mais peu importe, il y a, chez elle, comme un mal vivre dans sa condition de femme et je ne suis pas compétent pour lui donner conseil.
Madame Badinter a publié, voici quelques années, un livre intéressant ( XY, en 1992) sur l'identité sexuelle masculine et soulignait que, pour la petite fille, son sexe est acquis, alors que pour le jeune garçon, son sexe est toujours à confirmer. La remontrance régulière étant: si tu  ne fais pas ceci, tu ne seras pas un homme... ne fais pas cela, c'est seulement les filles qui le font, et ainsi de suite.
D'où, chez l'homme un malaise qui peut s'installer et perdurer quant à l'identité exacte de son sexe.
Dans son dernier opus*, la voici qui s'en prend à la maternité, considérée comme aliénante, forçant la femme à rester à la maison pour s'occuper du nouveau-né. Elle dénonce l'ostracisme qui frapperait une femme qui dénie son instinct maternel et critique durement cette « révolution silencieuse » qui rend la maternité et la féminité indissociables, naturelles et, somme toute actuelles dans un contexte de retour à l'écologie. Pour Madame Badinter, mère de trois enfants,il n'y a pas d'instinct maternel.
Dans la foulée elle s'en prend au supposé devoir d'allaitement, également aliénant, car la mère doit être « à la disposition » de son enfant, et dénonce l'attitude qui consiste à affirmer que la nature est bonne et que donc, tout ce qui va à l'encontre de la nature, est mauvais a priori.
Ainsi, les couches culottes qui sont composées de matières synthétiques polluent l'environnement, mais allègent considérablement le travail de la femme en lui permettant de les jeter plutôt que de les laver. Il est donc normal que la nature s'efface devant le confort de la femme.
Et ainsi de suite..
Je ne suis pas psychanalyste, mais je constate que la majorité des femmes veulent au moins un enfant, et quand on leur demande pourquoi elles répondent : « ben, c'est comme ça... ». C'est un ressenti, un besoin, un instinct, appelez cela comme vous le voulez.
L'instinct, c'est pas que les animaux, c'est pas quelque chose de dévalorisant, cela fait partie de notre nature, comme l'instinct de vie et de mort que la psychanalyste Badinter doit côtoyer tous les jours.
De plus, une femme est physiologiquement programmée pour avoir des enfants. J'imagine que cela ne doit pas être drôle des menstrues tous les mois, mais, que voulez-vous ? C'est comme ça.
Si une femme a des seins, c'est, en première instance, pour allaiter son enfant, là aussi, cela va de soi. Et tout le reste du corps de la femme est fait en fonction d'une maternité à venir.
Que des femmes soient moins réceptives à l'annonce de la maternité, je puis le comprendre, mais qu'elle ne viennent pas prêcher que la maternité n'est pas une facette de la féminité, que donner la vie a des enfants et les élever sont des tâches aliénante.
Je n'aime pas les arguments personnels, mais, quand même, c'est facile, d'être une des plus grosses fortunes de France, de pouvoir  se payer des domestiques et des précepteurs qui se chargent de la maisonnée et des enfants qui s'y trouvent, et puis d'écrire en étalant ses connaissances que la femme est faite pour tout autre chose que « ça », et que la nature n'a qu'à reprendre la place qui est la sienne: au service des hommes, et non pas le contraire.
Je ne crois pas que beaucoup de femmes se reconnaissent dans la prose de Madame Badinter. 
Non, la maternité n'est pas aliénante, l'éducation d'un enfant encore moins ! Je tremble à l'idée que, demain, les femmes en Europe, dont le taux de fertilité est particulièrement bas, fassent leurs les thèses de notre psychanalyste. Nous irions où ? La vie, que je sache, et jusqu'à nouvel ordre, se transmet par les femmes et par leur ventre.
A moins qu'elles ne veuillent, à l'instar de quelque docteur Folamour, réduire la conception et la maternité à une opération propre aux laboratoires, dont le corps serait étranger à ce processus.
Quelque spermatozoïdes, un ovule, des éprouvettes, de la chimie et le tour est joué.
Il y a comme un « petit détail » dont Madame Badinter ne parle pas: l'amour !
Car la procréation, c'est aussi le résultat de l'amour, que je sache. C'est aussi une manière comme une autre de pérenniser cet amour à travers le temps.
Je n'ai pas l'impression que Madame Badinter ait abordé cet aspect des choses.
L'amour, pour elle, est sans doute aussi « aliénant. »





* Le Conflit, la femme et la mère. Flammarion, 269 p., 18 euros. 

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